AMBI, de nationalité malgache, est née à Antananarivo le 6 septembre 1978.

De son vrai nom Ambinintsoa ANDRIANKAJARIVELO, elle vit et travaille en France entre Marseille et Aix- en- Provence.

Après un Baccalauréat littéraire à Madagascar, elle obtient en France à l’Université de Provence d’Aix-en-Provence un Master 2 d’Arts Plastiques. 

Entre 2005 et 2008 elle participe à de nombreuses expositions collectives dans les Bouches du Rhône. Galerie Artonef, Galerie Bercker (Aix-en-Provence). Galerie Esp’Arts, Espace Culture (Marseille)

Elle présente en juin 2013 sa première exposition personnelle à la Galerie Vincent Bercker à Aix-en-Provence. Dans le cadre d’une commande pour Marseille Provence 2013, Capitale Européenne de la Culture, elle montre une série d’œuvres récentes sur papier Antemoro de Madagascar.

A-fo

La découverte des Arts Plastiques, forme d’Art Contemporain, est concomitante à la prise de conscience d’une déchirure culturelle personnelle mais aussi à la découverte gourmande d’un nouvel univers existentiel. Rencontre inattendue donc, surprenante, édifiante avec les Arts Plastiques, qui m’a donné sans que je la lui demande une nouvelle raison de vivre et, surtout, une nouvelle manière de percevoir la vie, et la vie dans la matière qui m’environnait.

J’ai une grande expérience de la manipulation des matières. A Madagascar, indépendamment des activités féminines quotidiennes que sont la cuisine, la couture et la coiffure, je pratiquais l’agriculture sur brûlis, je tressais des nattes et des cordes en fibre de sisal.

Alors ma rencontre avec les Arts Plastiques ne fut pas si fortuite que cela. Du travail manuel en passant par l’artisanat populaire, la plasticité des matières m’a fait franchir, en même temps que l’océan immense, le grand pas qui mène à l’Art.

De quoi me parle le feu ? Il me parle de la chaleur de mon pays, de son climat, de ses habitants. Mais aussi et surtout, de cette chaleur métaphore du lien d’amitié et du bien-être avec autrui. Le feu c’est en quelque sorte la source permanente de mes émotions positives.

Quoi qu’il en soit, ce fut le départ de ma production actuelle. Mon ambition est d’exprimer l’ambivalence créatrice du feu. Le feu, tel que je le pense, n’est pas destructeur. Son pouvoir créateur me fascine depuis mon plus jeune âge. Il métamorphose des matières nécessairement premières, qui par crémation, combustion, ignition deviennent des matières dernières : noir de fumée, cendre, etc…

Sont-ce des restes ? Indice de l’énergie devenu matière, c’est l’empreinte de la chaleur génitrice qui m’intéresse bien plus que l’énergie en action.

Ici je joue sur la dualité du papier Antemoro comme support à la création, espace à explorer et comme papiers d’identité indispensables et vitaux pour les étrangers.

Les traces du feu reflètent les cicatrices laissées par mon combat.

La résilience et le vivant sont au cœur de ma démarche. La résilience, caractéristique mécanique qui définit la résistance aux chocs d’un matériau, repris en psychologie, le terme définit l’aptitude à se construire en dépit de circonstances traumatiques.

Comment composer avec le réel non pas comme une fatalité mais comme un espace ouvert aux possibles pour rebondir.

Source: isart-galerie (ART CONTEMPORAIN MALAGASY)