THE FUTURE IS FEMALE,

Femmes et Pays, ou patrie. Les femmes se trouvent à l’origine de toute existence humaine mais aussi à la construction d’une Nation, d’un pays. Le mot malgache « Firenena » ou « Nation» même le confirme. Ayant pour radical « Reny » qui signifie « Mère », ce mot traduit la conception malgache de la « nation » qui puise ainsi son origine des femmes, plus précisément des mères…Les femmes ont toujours eu leur place dans la société malgache bien qu’elles soient encore généralement marginalisées dans quelques régions de Madagascar, car victimes de discrimination, de violences, de certaines mauvaises pratiques culturelles ou encore considérées comme juste un moyen de production. La Grande Ile est généralement une société matriarcale.

L’histoire de Madagascar nous rappelle que la Grande Ile a déjà été gouvernée par quatre reines avant la période coloniale soit de 1828 en 1897. De 1828-1861: par Ranavalona 1ère, de 1863-1868: par Rasoherina, de 1868-1883: par Ranavalona II et de 1883-1897: par Ranavalona III.

Des années plus tard, des femmes malgaches remarquables à travers leur réussite professionnelle ou leur engagement citoyen, communautaire ont marqué l’histoire de Madagascar. Citons : Rasalama, Victoire Rasoamanarivo, deux célèbres figures politiques. Gisèle Rabesahala, une grande femme journaliste, à la fois militante et politicienne qui a participé à la lutte pour l’indépendance de Madagascar pour devenir en 1958, la première femme malgache élue, au conseil municipal d’Antananarivo. Rasoabakobako ou Rasoanarimalala Jeanne, une grande figure du Journalisme malgache (parmi les doyens) et qui était très connue pour son émission à la RNM « Dame-belle-charmante »Dans le domaine des sciences, Marthe Ralivao-Ramiaramanana était la première femme médecin malgache célèbrement appelée « Dokotera ». Le centre de planing familial « Fianakaviana Sambatra » ou « Famille heureuse » a connu et reconnue l’empreinte et l’engagement de cette grande dame dans « l’éducation des femmes ». Tandis que Bao Andriamanjato, était la première femme ingénieure de Madagascar et de l’Afrique. De la même génération, d’autres femmes se sont distinguées au niveau national et sont devenues très connues dans divers milieux : Neny Lava Volahavana Germaine, dans le domaine humanitaire. Céline Ratsiraka première dame très engagée dans ses actions pour les enfants malgaches

Vers les années 90, qui ne se souvient pas des Bako et Vola Ratsifandrihamanana ? Deux grandes sportives et nageuses malgaches, ou encore des sœurs Dally et Natacha Randriantefy (sportives –tenniswomen) et qui ont porté très haut le drapeau malgache à l’international ? Les Clarisse Ratsifandrihamanana (auteure et ministre des affaires étrangères), Michelle Rakotoson (ecrivain) ou encore Lalatiana Ravolomanana (militante et politicienne) ont fait leur nom pendant cette même époque. Mireille Rakotomalala (pianniste), Fanja Andriamanantena, Lalao Rabeson, Bodo, Lalatiana (Artistes- chanteuses) ont marqué le monde de la musique malgache. Tandis que d’autres grandes dames brillaient dans leur domaine respectif : les Lalao Raketamanga, une grande juriste, Irène Rabenoro, grand professeur de la langue anglaise, la défunte Juliette Ratsimandrava, ancienne Directrice de l’office nationale des langues au sein de l’Académie malgache remplacée actuellement par une autre grande écrivaine en la personne d’Esther Rasoloarimalala Randriamamonjy. Nous avons actuellement Hajaina R., à la tête du Havatsa Upem. Il y a quelques années, ont effectué leur entrée sur la grande scène politique les Manorohanta Cécile, ancienne Ministre de la Défense, Elia Ravelomanantsoa (entrepreneure et politicienne), Sarah Georget (Politicienne), Christine Razanamahasoa, première femme à la tête de l’Assemblée nationale. …

Avant de revenir sur la situation des engagements des femmes malgaches dans la société, voyons brièvement ce qui se passe actuellement en matière de parité homme-femme dans le domaine de la gouvernance ou encore politique au sein du grand Continent Africain. Selon un classement international publié par la Banque Africaine pour le développement ou la BAD ou Banque Africaine du Développement, 32 sur les 54 pays africains enregistrent déjà un indice supérieur à 50 c’est-à-dire 50% des membres d’institutions sont des femmes. Comme dans d’autres domaines, l’Afrique du Sud, se trouve au premier rang de ce classement, suivi par le Rwanda, le Botswana, la Namibie. A l’autre extrémité de peloton se trouvent les Somalie, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Tchad et la Côte d’Ivoire. Madagascar se trouve ainsi quelque part dans ce fil.

Selon des chiffres auprès de l’INSTAT et qui ont été partiellement rapportés par un article de Midi Madagasikara il y a quelques jours, la gente féminine est encore faiblement représentée dans les institutions bien qu’elle commence à occuper progressivement l’arène politique à Madagascar. Malgré la signataire par Madagascar du protocole d’accord de la Communauté de Développement d’Afrique Australe portant sur la parité homme-femme, le taux de représentation qui devrait être en moyenne ou au moins ? de 30% n’est pas encore vraiment respecté, et est encore des plus faibles en Afrique et surtout par rapport aux pays occidentaux. Dans le Gouvernement actuel, la plupart des postes de Ministre ont encore été grandement attribués aux hommes : 26 ministres hommes contre juste 6 ministres femmes. La présence féminine dans le gouvernement est juste d’un taux de 18%. A la chambre basse, les femmes ne représentent que 17% des parlementaires soit 26 députés sur les 151. Un chiffre encore très bas.

Madagascar est ainsi en deçà de la moyenne sur le Continent (Afrique) qui est de 22% des parlementaires femmes en 2015. 19 pays africains sont encore devant Madagascar sur ce côté. En tête du classement, le Rwanda, premier et seul pays au monde dans lequel plus de la moitié des parlementaires sont des femmes. Il est suivi de la Namibie, le Sénégal ou encore la Tanzanie. Au niveau mondial, la moyenne mondiale établie est à 22,4 %.

Pour ce qui concerne la représentation des femmes dans les autres institutions de Madagascar, le chiffre est encore plus bas au Sénat avec 16% soit 7 femmes sur les 42 sénateurs élus et 28% soit 6 femmes sur les sénateurs désignés. Mais l’accession de Lalao Ravalomanana et de Harilalaina Irma Juliandres à la magistrature des deux grandes villes et communes urbaines de Madagascar : Tananarive et Fianarantsoa prouve la progression de la situation des femmes dans la sphère de la Gouvernance.

Le chemin est certainement long à Madagascar et la situation mérite d’évoluer en faveur des femmes dans toutes les instances décisionnelles aussi bien dans le secteur public que dans le secteur privé malgache. Pour ce dernier, il est marqué par l’émergence depuis quelques années de quelques femmes comme Noro Andriamamonjiarison, à la tête du Gem (Groupement des Entreprises de Madagascar), ou d’Eva Razafimandimby, ancienne Ministre du Commerce et actuellement Secrétaire exécutif du GEFP (Groupement des Entreprises Franches et Professionnelles) témoignent de cette avancée majeure.

…Incroyablement actives, débordantes d’énergies, convaincues et convaincantes, très engagées, ces femmes malgaches d’aujourd’hui et de demain font partie de cette nouvelle génération qui émerge, ces étoiles qui brillent, qui commencent à faire leur entrée, progressivement mais sûrement et qui commencent à marquer l’histoire du pays. Vous les voyez faire l’objet d’articles dans les journaux ou dans des magazines. Elles apparaissent à la télévision, dans des reportages, et participent de plus en plus à des débats et émissions télévisées, ou encore à de grands évènements majeurs et d’envergure nationale ou internationale….Mais elles ne se trouvent pas non plus toutes à Madagascar. La diaspora malgache dans les quatre coins du monde enregistre un nombre important de femmes dynamiques, très engagées, patriotes ou encore de nombreuses élites. Elles se révèlent à travers les réseaux sociaux qui rapportent régulièrement leurs actions généralement axées sur des projets en direction de Madagascar. L’avenir est « Aujourd’hui » selon une politicienne internationale, et l’avenir est « femelle » selon un auteur inconnu…

A travers cet article, je voudrai particulièrement encourager toutes mes compatriotes femmes, jeunes ou moins jeunes à s’engager davantage dans des causes sociales, humanitaires, communautaires, politiques, économiques et de participer activement à la refondation de la société malgache ainsi qu’au redressement de Madagascar. Cette implication pourrait se faire à travers l’adhésion dans une association, une fondation, un groupement, un parti politique, un mouvement…Peu importe la structure, nous avons besoin d’écouter, d’apprendre, d’agir pour la communauté mais aussi de nous exprimer et de nous faire entendre, ne serait-ce qu’à travers une seule phrase parmi les milliers d’autres inscrits dans un projet de société ou encore dans un document local, national et international.

Parallèlement, l’heure et l’époque sont au changement de mentalité. Nous souhaitons plus d’acception de cette nécessaire évolution par les hommes malgaches. Notre but n’est pas de citer ni de mettre en opposition les femmes et les hommes de la Nation, mais de trouver ensemble une ligne directive et perspective de développement pour les années à venir.

Dans le site www.madaction.net, vous êtes libre de vous présenter, de mettre en avant vos idées et conviction pour le développement socio-économique du pays. L’avenir du pays sera aussi assuré par le retour des femmes au pouvoir mais il faudrait que les femmes elles- même en soient conscientes et s’affranchissent des diverses barrières, idées reçues, clichés et stigmatisation pour faire preuve d’une détermination sans faille. Alors, relevons ensemble le défi afin de valoriser les femmes et leur accorder la place qui devra leur revenir dans la société, dans l’économie et le monde.

Soatiana RAJOELISOA